Quarante salles où l'on ne fait pas que manger — on y revient. Vérifiées porte par porte, écrites à pied.
Un guide indépendant écrit par Regulars, l'adhésion montréalaise des vrais habitués. Aucune salle n'a payé pour figurer ici ; aucune n'a été prévenue. On écrit sur les salles qu'on aimerait fréquenter longtemps. An independent guide by Regulars — no room paid or was told. We write about the rooms worth returning to.
Depuis décembre 1980, la salle carrelée de Saint-Denis sert le tartare, l'os à moelle et le rognon de veau jusqu'à 1 h du matin, et Montréal ne s'en est jamais lassée. Colette Brossoit et Pierre Villeneuve l'ont fondée ; aujourd'hui Hélène Dansereau et Marc-Olivier Gavina tiennent la salle, Marc-Antoine Lacasse la cuisine, et Mario Brossoit la cave — plus de 11 000 bouteilles sous le plancher, sans sommelier : les serveurs accordent en écoutant. La maison sort d'une cure de beauté en 2025 et la carte des vins est encore datée à la main, preuve qu'on s'en occupe pour vrai.
À COMMANDER — Le tartare de bœuf (34,50 $), l'os à moelle (24,50 $), le pâté de foies de volaille aux pistaches (18,75 $), l'île flottante (17 $).
Ouvert en octobre 2024 dans l'ancien local du Hachoir, Bouillon Albert a importé sur le Plateau une idée que Paris connaît depuis un siècle : la grande cuisine française à prix de quartier. Jean-François Corriveau tient la salle — onglet sauce café de Paris, confit de canard, escargots au beurre d'ail — et les plats restent entre 19 et 30 $, les entrées dès 8 $. La maison l'écrit elle-même sur son site : « on préfère le contact humain, appelez-nous ». On réserve donc par téléphone, comme avant.
À COMMANDER — L'onglet café de Paris (30 $), le confit de canard (26 $), les escargots (10 $), l'île flottante aux « bonbecs » (10 $).
Jean-Baptiste Marchand cuisine à la vue de la salle depuis 2008, et Stéphanie Labelle tient l'accueil — un duo de copropriétaires qui a fait de cette adresse une des raisons pour lesquelles Montréal a repris le brunch au sérieux : le Huffington Post l'a classé parmi les dix meilleurs au pays. Tartares taillés au couteau, salades servies dans leurs bols d'acier, et une carte qui change toutes les trois semaines — les habitués ne revivent jamais deux fois le même menu, et c'est exactement pour ça qu'ils reviennent.
À COMMANDER — Le tartare du moment, le brunch du cycle en cours ; les menus changent aux trois semaines, demandez les prix sur place.
Trente ans et plus sur le même tronçon de Saint-Denis : Le Nil Bleu est l'ambassadeur de la cuisine éthiopienne sur le Plateau depuis 1993. On mange avec les mains, l'injera en guise d'ustensile — kitfo, doro watt au berbéré, agneau au curcuma — et les lecteurs montréalais l'ont élu meilleure table africaine en ville à répétition. Le menu dégustation pour deux fait le tour de la carte et reste la meilleure porte d'entrée.
À COMMANDER — Le menu dégustation pour deux (69,95 $), le kitfo (28 $), le doro watt (22 $), l'assiette végane (25 $).
C'est ici que tout a commencé pour Martin Picard, il y a plus de vingt ans — une des premières cuisines ouvertes de Montréal, où l'on regarde la brigade travailler pendant que la salle gronde. Une section entière du menu est vouée au foie gras, le canard en conserve s'ouvre devant vous, et la cave privilégie les importations privées avec des bières brassées à Montréal. La maison a essaimé — cabanes à sucre et cidrerie à Mirabel — mais la salle de Duluth reste l'unique restaurant de ville, et le cœur de l'affaire.
À COMMANDER — Le canard en conserve, un plat de la section foie gras ; le menu du jour est affiché en salle, demandez les prix sur place.
Faruk Ramisch a ouvert sa première salle en 1995 et tient celle de Duluth depuis 1998, avec sa fille Nadia à ses côtés. Chaque voyage en Asie ramène un objet, et la salle est devenue une collection qu'on visite autant qu'on y mange — jusqu'à la terrasse d'une cinquantaine de places que Tastet range parmi les plus belles en ville. L'agneau est la spécialité : kabuli palaw à la souris d'agneau, riz brun, raisins et carottes, et brochettes de filet mignon. On apporte son vin, et on repart en ayant appris quelque chose sur l'Afghanistan.
À COMMANDER — Le kabuli palaw, la brochette teka, la table d'hôte ; prix affichés sur place.
Le premier apportez-votre-vin de Montréal, sur Duluth depuis 1979 — et le jardin-terrasse fleuri autour duquel des générations ont planifié leurs soirées d'été. La carte grecque n'a pas besoin de se réinventer : calmars grillés, souvlaki, moussaka, servis dans une cour qui donne l'impression d'avoir quitté la ville sans traverser le pont. On apporte sa bouteille, on prend son temps.
À COMMANDER — Les calmars grillés, le souvlaki de poulet, la moussaka ; prix affichés sur place.
Pendant près de quarante ans, cette adresse s'appelait La Colombe, et Mostafa Rougaibi y a nourri le Plateau jusqu'à sa retraite en 2020. Plutôt que de laisser la salle s'éteindre, ses employés de longue date — Julian Strayer et son frère Jean-Francis — l'ont relancée sous le nom Les Oiseaux, avec la bénédiction et le coup de main du chef sortant. Canard, foie gras et gibier défilent en table d'hôte de trois ou cinq services, sur des produits du Québec certifiés, et la terrasse de Duluth fait le plein dès juin.
À COMMANDER — La table d'hôte cinq services, le foie gras ; menus au tableau, demandez les prix sur place.
Pierre Barsalou, pompier, a ouvert ce comptoir en mai 1968, et la salle n'a pratiquement jamais fermé depuis : 24 heures sur 24, tous les jours sauf Noël. Plus de trente poutines à la carte, une nouvelle chaque mois — la maison se décrit elle-même comme un « laboratoire de la poutine » — et une histoire officielle qui remercie nommément ses oiseaux de nuit, ses travailleurs et ses étudiants. Les touristes font la file le samedi soir ; le quartier, lui, vient à 4 h du matin, et c'est pour lui que la lumière reste allumée.
À COMMANDER — La Classique (9,99 $/17,25 $), La Savoyarde (15,95 $/25,50 $), L'Obélix au smoked meat (15,25 $/25,75 $). Prix avant taxes.
Tony Alves a ouvert son comptoir au coin de Boyer le 29 juillet 2013, et la file n'a jamais vraiment désenflé depuis. Le poulet grille sur la braise, le chouriço fume, et le fromage São Jorge fond sur la poutine qui a fait la réputation de la maison. Le chef le dit lui-même : « c'est la sauce qui fait la différence, parce que tout le monde peut griller un poulet » — et le piri-piri maison se vend en pot, pour continuer à la maison. Service cafétéria, prix de quartier, et la moitié des commandes partent par téléphone vers les cuisines du voisinage.
À COMMANDER — La poutine poulet-chouriço-São Jorge (18 $), Le Louis Cyr (17 $), la bifana (10 $), un pot de piri-piri à rapporter (10 $).
Na Young Park et Hyun Seok Kim tenaient un restaurant à Séoul avant d'ouvrir cette salle d'une quarantaine de places sur Rachel en 2018. Le trio de kimchis — radis, concombre, chou — vient des recettes de la grand-mère de Na Young, les banchan sont faits maison, et le bibimbap arrive encore grésillant. On apporte son vin, on tient dans une salle où les propriétaires reconnaissent les visages, et on comprend vite pourquoi le quartier garde l'adresse pour lui.
À COMMANDER — Le trio de kimchis, le bibimbap, le bulgogi ; prix affichés sur place.
La maison est née sur le Plateau en 2010, a fait le tour de la ville, puis est revenue chez elle en février 2026 — dans l'ancien local de Mlle Rosa, que le quartier connaissait déjà. La famille Sandhu tient l'affaire avec le chef fondateur Arnaud Glay, et la carte assume le brunch d'occasion : œufs pochés sur brioche, compote d'oignons caramélisés et foie gras poêlé en tête d'affiche, pains dorés et gaufres pour la table. Un retour aux sources qui arrive avec ses habitués d'origine.
À COMMANDER — Les œufs pochés au foie gras, le pain doré ; demandez les prix sur place.
Hiroshi Kitano et Samath Mom se sont rencontrés en 2018, côte à côte derrière le comptoir du Kitano Shokudo. Cinq ans plus tard, ils ont ouvert leur propre salle juste à côté — 28 places, cuisine yōshoku réconfortante : ramen, sandos, ebi burger, chirashi soignés comme au comptoir d'origine. Les cafés devaient être une touche secondaire ; Samath en a fait une obsession, pour over à l'appui, et ils se sont « rapidement envolés ». On vient pour le matcha latte, on reste pour la cuisine.
À COMMANDER — L'ebi burger, un ramen du jour, le matcha latte (6 $), l'espresso (3,35 $) ; la cuisine ferme à 16 h 30, demandez les prix des plats sur place.
Le 8 décembre 2025, Bincho a rallumé les fourneaux de l'ancien Pontiac — « un local mythique du Plateau », écrit La Presse, qui lui consacrait déjà un portrait en avril. La cuisine passe du Japon à la France au-dessus du charbon binchotan qui donne son nom à la maison : huîtres chaudes, karaage, salade de concombre au sésame, et, pour couronner le tout, l'onglet grillé sur braises vives. Le décor de Bianca Jodoin — lumière rose-rouge, long bar, bois chaleureux — en fait une des salles les plus assumées de l'avenue.
À COMMANDER — L'onglet au binchotan, les huîtres chaudes, le karaage ; demandez les prix sur place.
Impossible de le manquer : ses grandes fenêtres enveloppent le coin de Mont-Royal et Brébeuf depuis le 1er mars 2015. Le nom est un clin d'œil à la taverne parisienne des « Enfants du paradis », et la salle signée Zébulon Perron marie industriel et intimité — jusqu'au second bar caché au sous-sol. La cave penche vers la France, dont les cuvées du Vignoble du Loup Blanc, et l'assiette suit sans se forcer : huîtres fraîches, charcuteries des Aliments Viens, fromages, pieuvre grillée.
À COMMANDER — Les huîtres, la planche de charcuteries Aliments Viens, un verre de Loup Blanc ; demandez les prix sur place.
La seule table indo-malaise de Montréal, et elle ne fait rien à moitié : toute la cuisine est sans gluten, du rendang au nasi lemak jusqu'à la crème brûlée au pandan. Le brunch du week-end a fait sa réputation — Benedict au terasi épicé, kaya toast aux œufs onsen — et la carte de vins nature est bâtie pour suivre des saveurs qui ne s'excusent pas. Une salle qui prouve qu'une cuisine de niche peut devenir une table de quartier.
À COMMANDER — Le rendang, le nasi lemak, le Benedict au terasi au brunch, la crème brûlée au pandan ; demandez les prix sur place.
La première table syrienne entièrement végétale de Montréal réinvente le Moyen-Orient sans une once de viande : shawarma de shiitaké, shish taouk végétal, moujadara, moussaka, mulukhiya. L'été, la terrasse donne directement sur le tronçon piétonnier de l'avenue, et la salle affiche un 4,8 sur Google — pas comme curiosité végane, mais comme cantine de quartier où les assiettes sont généreuses et les couleurs franches.
À COMMANDER — Le shawarma de shiitaké, la moujadara, la mulukhiya, un assortiment de mezzés ; demandez les prix sur place.
Derrière ses fenêtres pleine hauteur, la brasserie du chef Alexandre Gosselin cuisine le Québec au rythme du marché — produits locaux, carte de saison, salle rétro et décontractée qui a l'aisance d'une adresse sûre d'elle. Les plats tournent autour de 40 $, la côte de bœuf pour deux ou trois monte à 140 $, et le détail qui compte : un menu de fin de soirée qui garde la cuisine ouverte de 21 h à 22 h, sept soirs sur sept, sur une avenue où presque tout ferme avant.
À COMMANDER — Le plat de saison du marché (autour de 40 $), la côte de bœuf pour 2–3 (140 $), le menu de fin de soirée après 21 h.
Début 2026, Joséphine s'est offert une seconde vie : salle entièrement redessinée, carte rafraîchie — huîtres, moules, raviolis de homard, pâtes maison — et surtout Djo, un piano-bar caché relié à la salle à manger. Les rendez-vous de la semaine sont devenus des rituels de quartier : moules à volonté le mardi (25 $), huîtres à 1,25 $ le mercredi, et un menu dégustation quatre services à 49 $ qui fait le tour de la carte sans vider le portefeuille.
À COMMANDER — Les moules à volonté du mardi (25 $), les huîtres du mercredi (1,25 $), le menu dégustation 4 services (49 $), les raviolis de homard.
Le barrio bohème et côtier de Lima, transplanté sur Saint-Denis en avril 2021. Le chef Daniel Silva signe une carte qui assume la rue péruvienne — ceviche, leche de tigre, anticuchos, chicharrón, lomo saltado — et la salle joue le rôle jusqu'au bout : terrasse animée, DJ les week-ends, bar à cocktails au pisco. Un restaurant de destination qui se comporte comme une adresse de quartier, ouvert midi et soir sept jours sur sept.
À COMMANDER — Le ceviche classique, la leche de tigre, les anticuchos, le lomo saltado ; demandez les prix sur place.
Un quart de siècle au coin de Duluth et Drolet, et la formule n'a pas bougé : cuisine française aux accents voyageurs, produits du Québec au fil des saisons, et votre bouteille sur la table. Une cinquantaine de places, de grandes fenêtres qui s'ouvrent sur la rue dès les beaux jours, et des habitués qui reviennent pour le flétan — régulièrement cité comme le plat de la maison — le ris de veau et le magret. Comptez environ 95 $ pour trois services, votre vin en prime.
À COMMANDER — Le flétan, le ris de veau, le magret de canard ; environ 95 $ pour trois services, apportez votre bouteille.
Sur Gilford, loin du bruit des grandes artères, Le Pégase fait partie des apportez-votre-vin que la ville cite quand elle veut prouver que la formule peut être sérieuse — Voir l'a classé dans son Top 10. Le chef-propriétaire Michael Audet-Laparé tient une carte française sans détour : carré d'agneau aux deux moutardes (58 $), bavette de bison aux champignons (53 $), magret (51 $), osso bucco (50 $), et le foie gras au torchon en entrée pour 7 $ de plus. Deux services par soir, quatre soirs par semaine — et pour les tablées de vingt et plus, la maison ouvre même ses jours de fermeture.
À COMMANDER — Le carré d'agneau aux 2 moutardes (58 $), la bavette de bison (53 $), le foie gras au torchon en entrée (+7 $) ; apportez votre bouteille.
Depuis 1985, le fromage fond au coin de Gilford et Christophe-Colomb. Raclette, fondue au fromage, grillade sur pierre chaude : la maison assume ses Alpes jusqu'au bout, votre bouteille sur la table et une terrasse trois saisons qui déborde de caractère — « une expérience unique en Amérique du Nord », dit-elle sans rougir. Le chef ajoute un menu saisonnier aux spécialités alpines, et la salle ferme chaque été pour de vraies vacances : cette année, du 22 juin au 19 août. Une adresse qui a quarante ans et le rythme d'une maison de famille.
À COMMANDER — La raclette, la fondue au fromage, la grillade sur pierre chaude ; demandez les prix sur place — réouverture le 20 août.
En juillet 1989, Héméla Pourafzal, arrivée de Rasht en Iran, a ouvert ce petit café avec son frère Massoud — dans le seul hall d'entrée, un tiers de la salle actuelle. Elle a construit les tables de ses mains et peint elle-même le mur exotique devenu célèbre. Trente-six ans plus tard, son petit-fils Reza Laurent a repris la maison, et le brunch persan reste un rituel du quartier : omelette au feta en tête de liste, pain sucré maison, confitures artisanales, halva et thé iranien servi jusqu'à 16 h les week-ends. Le soir, le Dizi arrive dans les règles de l'art, herbes fraîches, torchi et oignon cru à l'appui.
À COMMANDER — L'omelette au feta au brunch, le Dizi (version végétarienne à l'aubergine offerte), le thé iranien avec halva ; demandez les prix sur place.
Le chef Tri Du est arrivé du Vietnam par la mer, a grandi dans une famille d'accueil du Saguenay–Lac-Saint-Jean, est passé par les cuisines de Kaizen et du Tree House, puis a ouvert en 2006 ce comptoir au coin Marquette. La salle tient de la vieille brasserie française envahie d'objets qui relient le Japon, le Vietnam et la mer — « quand ma mère refuse des choses à la maison, elles finissent ici ! », rigole son fils Thierry, qui mène la salle. On vient pour « l'inattendue », la fameuse pizza-sushi, la « divine » roulée dans sa feuille de concombre, le sashimi new-style et la morue charbonnière.
À COMMANDER — L'inattendue (pizza-sushi), la divine, le sashimi new-style, la morue charbonnière ; demandez les prix sur place.
Vingt places, pas une de plus, sur une rue résidentielle que les cartes touristiques ignorent. Le chef-propriétaire Ali David Caro Garcia y cuisine un Mexique en profondeur, loin du tex-mex : ceviche de tilapia qui a fait sa réputation, huitlacoche — la truffe de maïs —, enmoladas de dinde confite au gras de canard, tacos de carnitas du Michoacán. Le mercredi, les mojitos passent à 5 $. C'est le genre de salle que le quartier se garde pour lui, où la deuxième visite suffit pour qu'on vous replace.
À COMMANDER — Le ceviche de tilapia, les enmoladas de dinde confite, les tacos de carnitas, le mojito du mercredi (5 $) ; demandez les prix sur place.
Antoun Aoun et Mélodie Roukoz ont ouvert ce coin de Liban en octobre 2020, au croisement de Rachel et Laval. Le man'ouché s'y cuit à la commande dans le four libanais traditionnel — six garnitures, le zaatar en classique indémodable — flanqué de hummus, baba ghanouj et fattouche, et d'un latte à la cardamome que les habitués citent spontanément. La grand-mère qui sourit dans le logo n'est pas un dessin de banque d'images : c'est la vraie téta d'Antoun, croquée par sa sœur. Un café avec une vraie cuisine, ce qui est exactement la définition qu'on défend.
À COMMANDER — Le man'ouché au zaatar cuit minute, le trio hummus–baba ghanouj–fattouche, le latte à la cardamome ; demandez les prix sur place.
À deux pas du boulevard Saint-Laurent, une toute petite salle tenue par un couple, sans site web, sans machine à publicité — juste un pho qui fait écrire aux clients de juin 2026 que « tout est maison, jusqu'aux radis marinés et à la sauce de poisson ». La soupe spéciale de la maison tourne autour de 4 $ le format d'appel, le rouleau printanier végé à 3 $, et le pho au poulet et wontons ressort revue après revue. Le service se fait en deux temps, midi et soir — appelez avant de traverser la ville.
À COMMANDER — Le pho poulet-wontons, la soupe spéciale de la maison, les rouleaux impériaux végé ; petits prix, confirmez l'horaire par téléphone.
Ajmer Sandhu s'est formé en Italie avant d'ouvrir sur Papineau en 1989 — et il n'a jamais choisi entre ses deux cuisines. Résultat : la seule carte en ville où le butter chicken et la pizza partagent la même commande, environ 210 plats, une table familiale qui nourrit le même coin de rue depuis trente-cinq ans. Le butter chicken avec naan reste le plat le plus commandé de la maison ; les lundis-mercredis, deux pizzas de 12 pouces partent à 30 $, le combo deux plats à 32 $, la table d'hôte trois services à emporter à 35 $. Ouvert sept jours jusqu'à 22 h 45, ce qui ne se trouve presque plus sur le Plateau.
À COMMANDER — Le butter chicken avec naan, le combo deux plats (32 $), la table d'hôte à emporter (35 $) ; deux pizzas 12 po à 30 $ lun–mer.
Six salles sur trois étages, sur Saint-Denis depuis 1994, et une légende maison qui fait remonter le nom à un petit village d'Auvergne. La Petite Marche vient de se refaire une beauté — nouveau décor, carte rafraîchie — sans toucher à ce qui la distingue : trois spectacles gratuits tous les soirs, des assiettes italo-françaises généreuses, la table d'hôte à 40 $ ou 45 $, et la pinte de Belle Gueule à 6,75 $ en tout temps. Le genre de grande maison de quartier où l'on peut arriver à deux un mardi ou à quinze un samedi, et où la musique fait partie des murs.
À COMMANDER — La table d'hôte (40 $ ou 45 $), la pinte de Belle Gueule (6,75 $), le brunch du week-end ; trois spectacles gratuits chaque soir.
Douze places au comptoir, pas beaucoup plus, au coin de Saint-Laurent et Rachel. Louis Dumontier, menuisier, a ouvert la friterie en juin 1996 et bâti la salle de ses mains — les boiseries sont encore les siennes, les fenêtres en forme de théière viennent du salon de thé qui occupait les lieux, et la façade est signée par l'artiste québécois Étienne Martin. La maison est depuis passée à deux employés de longue date, Luc Séguin et Benjamin Barker, sans que rien ne bouge : frites maison, petit burger classique, poutine, espresso de Santropol et bières de microbrasserie, jusqu'à 2 h du matin tous les jours. Un des rares comptoirs de la Main où le voisinage passe avant le passage.
À COMMANDER — Les frites maison, le petit burger classique, la poutine, l'espresso Santropol ; demandez les prix sur place.
Nommée en 2026 parmi les 100 meilleurs bars du Canada, la buvette de la famille Holder tient son bout de la Main depuis 2014 — c'est Charles-Antoine Crête qui avait monté la première carte. Aujourd'hui le chef exécutif Alejandro Vega et le chef de cuisine Maxim Guillemette servent les huîtres à 2 $ au 5 à 7, le hot-dog de douze pouces au porc de Gaspor sur pain de Hof Kelsten, les bourgots marinés et les frites maison. Le vrai fait d'armes : la cuisine sert jusqu'à 2 h du matin, tous les soirs sans exception — ce qui en fait la cantine de fin de quart des cuisiniers et des travailleurs de nuit du quartier.
À COMMANDER — Les huîtres à 2 $ au 5 à 7, le hot-dog au porc de Gaspor, les bourgots marinés, les frites maison ; demandez les autres prix sur place.
Trois mille pieds carrés de coin de rue, un bar central circulaire, des lampes dépareillées, des maisons de poupée et des fenêtres sur deux côtés : depuis mars 2017, les frères Holder font tourner l'ancienne adresse des Bobards sur tous les registres de la journée. Viennoiseries et café Pilot le matin, brunch le week-end, assiettes à partager raffinées le soir — le chef Alejandro Vega est passé par Jun I, Bouillon Bilk et Cadet — puis un « menu fringale » quand la nuit s'étire, la cuisine tenant jusqu'à 23 h en semaine et minuit du jeudi au samedi. On y entre avec un portable à 10 h et on en ressort à la fermeture : c'est le même café, le même bar, la même adresse.
À COMMANDER — Le café Pilot et les viennoiseries le matin, les assiettes à partager le soir, le menu fringale tard ; demandez les prix sur place.
Sur un coin résidentiel que rien ne signale, Else Smith — Norvégienne, « marraine punk » autoproclamée — a ouvert sa taverne il y a plus d'un quart de siècle. Elle est partie en 2000, mais son portrait veille toujours sur la salle. Une particularité de permis fait qu'on commande à manger avec sa pinte — et c'est tant mieux, parce que la cuisine compte : mac and cheese, dumplings, tacos, et le gâteau au fromage de « Johnny Cheesecake », figure de la pâtisserie montréalaise et fournisseur de la maison depuis l'ouverture. Le jazzman Vic Vogel avait ses habitudes au piano du fond. La salle est sombre, pleine d'artistes du quartier, et personne n'y est un client de passage très longtemps.
À COMMANDER — Le mac and cheese, les dumplings, la bière maison, le gâteau au fromage de Johnny Cheesecake ; demandez les prix sur place.
Le broue-pub de Duluth a vingt-quatre ans, et c'est l'équipe de feu l'Hôtel Herman qui le mène désormais : Vickie Cartwright en salle, Simon Leblanc aux fourneaux, Steven Thibault au brassage — une douzaine de bières naissent dans la minuscule brasserie du fond. La carte garde les œufs mimosa et le hareng fumé « depuis les tout débuts, à la demande insistante des habitués », dit la presse locale, qui décrit des clients pour qui la salle est « une deuxième maison ». Le brunch est revenu en 2025 après cinq ans d'absence — La Presse en a fait une critique entière — et la terrasse sur deux niveaux compte parmi les plus belles en ville.
À COMMANDER — Les œufs mimosa, les accras d'aiglefin mayo-coriandre, le sandwich au poulet frit, une bière brassée sur place ; demandez les prix sur place.
Quand la famille Machado a fermé Romados en décembre 2020 après vingt-sept ans, le Plateau a cru perdre son poulet. Neuf mois plus tard, George Karaglanis — gérant de la maison pendant ses trois dernières années — rouvrait avec Vicki Eliopoulos, et surtout avec la même recette de piri-piri. « Beaucoup demandent si le poulet est aussi bon qu'avant, et la réponse est un oui catégorique », tranche la presse gourmande. Poulet grillé, sandwich au poulet, poutine Romados, chorizo sur le gril, pastéis de nata et bolas de Berlim au dessert — sept jours sur sept, de 10 h à 21 h, au comptoir. La maison va assez bien pour avoir ouvert une première succursale à Laval en mars 2026 ; l'originale, elle, n'a pas bougé de Rachel.
À COMMANDER — Le poulet piri-piri, le sandwich au poulet, le chorizo grillé, les pastéis de nata ; demandez les prix sur place.
À l'adresse où un casse-croûte de 1983 a tiré sa révérence, une toute autre maison s'est installée : un grill grec tourné vers la mer, mené par le chef Sohel, dont la salle affiche 4,9 étoiles et des avis de juin et juillet 2026 qui reviennent tous sur la même promesse — « on reviendra ». Côtelettes d'agneau en tête de liste, moussaka, pieuvre grillée, plateau de fruits de mer « qui vaut chaque dollar » selon un client de juin, loukoumades pour finir. Détail rare sur le Plateau, et précieux pour tout un public : tout y est halal. L'été, la terrasse à l'heure dorée fait le reste.
À COMMANDER — Les côtelettes d'agneau, la pieuvre grillée, le plateau de fruits de mer, les loukoumades ; demandez les prix sur place.
À deux pas de Saint-Laurent, Viva refuse de choisir entre ses deux pays : four à pizza napolitain d'un côté, poulet piri-piri et poissons « comme au Portugal » de l'autre, pâtes maison entre les deux. Les avis s'entêtent sur les pizzas au feu de bois — « la meilleure que j'aie mangée au Canada », écrit un client de février 2026 — et sur le risotto aux champignons et à la truffe. Le schéma qui revient dans les commentaires est celui qu'on cherche : la deuxième visite. « Ma deuxième fois ici… je reviendrai pour une autre pizza funghi », note un habitué d'avril. Salle familiale, terrasse, et une salle privée de quatre-vingt-dix places pour les grandes tablées.
À COMMANDER — La pizza funghi au four à bois, le risotto champignons-truffe, le poulet piri-piri, les calmars ; demandez les prix sur place.
Depuis l'hiver 2009, Nicolas Gamache (ex-Distillerie) et le chef Maksim Morin (ex-Joe Beef, Liverpool House) tiennent leur coin de De Lanaudière — et ils sont en salle tous les soirs, ce qui ne s'invente pas. Le bistrot de 2 h du matin des débuts a mûri en salle de menu dégustation : service au guéridon, wagyu saisi sur pierre volcanique, chariot de fromages, caviar quand l'occasion s'y prête. Les toiles accrochées aux murs sont à vendre — les deux propriétaires tiennent la galerie d'art Golden Crab, juste à côté — et la maison garde une cave à cigares et un valet. Ce n'est plus la cantine hebdomadaire du quartier : c'est sa grande occasion, chez les mêmes deux gars depuis dix-sept ans.
À COMMANDER — Le menu dégustation (requis pour trois et plus), le tartare et les couteaux à la carte ; demandez les prix sur place.
Le comptoir jaune de Laurier Est nourrit le Plateau depuis 1982, et la presse locale le cite partout à la fois : meilleure poutine en ville, meilleurs restaurants du Plateau, diners classiques de Montréal — les trois listes en même temps. La carte compte plus de quarante poutines, dont deux signatures qui résument la maison : « La Cabane » (bacon, saucisse, sirop d'érable) et « Le Pharaon » (merguez, sauce piquante), sur des frites coupées à la main et frites deux fois, avec du fromage qui couine comme il faut. Longtemps ouverte toute la nuit les week-ends, la maison reste l'adresse de fin de soirée du quartier — appelez pour l'heure exacte, mais depuis quarante-quatre ans, elle répond.
À COMMANDER — La Cabane, Le Pharaon, la poutine classique aux frites coupées main ; demandez les prix sur place.
Regulars arrive à la rentrée : l'adhésion montréalaise des vrais habitués. Reconnu par ton prénom, le Prix Regulars appliqué à l'addition. Pas de points. Pas de coupons.
Regulars launches this September — Montréal's dining membership. No points. No coupons.
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