Ouvert en 1995 par les sœurs Chahla et Tania Frangié, juste à côté du restaurant de leur père. La cuisine, elle, n'a jamais quitté les mains de leur mère.
En 1995, forts du succès du restaurant Alep que dirige leur père Georges depuis 1976, Chahla Frangié et son conjoint, l'architecte Jean-François Potvin, décident d'ouvrir juste à côté «un restaurant pour les artistes, les étudiants, pour les gens qui voudraient bien manger sur le pouce avec des prix raisonnables». Tania, la cadette — qui n'imaginait pas non plus faire carrière en restauration, elle qui étudiait la criminologie —, les rejoint. C'est Le Petit Alep, format réduit et prix plus accessibles pour les mêmes classiques syro-arméniens que la maison mère.
En cuisine depuis les débuts: Jacqueline Frangié, la mère, née Saroukhan, arménienne élevée en Syrie, qui n'avait jamais travaillé avant que la santé de son mari ne l'y contraigne. À la mort de Georges en 2005, c'est Tania qui devient malgré elle «le visage» de l'entreprise: «La première fois que j'ai dû congédier quelqu'un, j'ai pleuré pendant deux jours», confiait-elle à La Presse en 2020, alors que sa mère, âgée de 76 ans, refusait toujours de quitter les cuisines en pleine pandémie. La cave, montée avec le sommelier Jeanno Gingras puis reprise par Alain Paillassard, compte parmi les meilleures de Montréal en vin nature — Le Petit Alep fut le premier restaurant à servir les importations nature de l'agence Rezin, il y a plus de vingt ans. En 2025, le Guide Michelin y décerne un Bib Gourmand.